Sous-sol du bastion de Santa Croce
Une exposition pour raconter l'histoire des remparts de Lucques, à l'intérieur des remparts de Lucques
Où : souterrain du bastion de Santa Croce (entrée par la Via delle Conce ou par les rampes du bastion)
HorairesHiver : de 10h00 à 16h00 / Été : de 10h00 à 18h30
entrée: gratuit
accessibilité:
– Le parcours est équipé d'un code QR destiné aux personnes aveugles et malvoyantes, disponible sur le panneau à l'entrée.
– partiellement accessible aux personnes non accompagnées ayant un handicap moteur
pour plus d'informations :
Point d'information des remparts de Lucques Château de Porta San Donato, promenade sur les remparts de la ville
tél: 0583 442213
info@lemuradilucca.it
info@turismo.lucca.it
L'exposition souterraine du bastion Santa Croce est divisée en deux sections principales : dans la première, installée dans les couloirs souterrains, un récit illustré guide le visiteur à travers les étapes historiques de la construction, de ses origines au XVIe siècle à l'achèvement des travaux, en explorant les figures clés, les chantiers et les solutions techniques et architecturales adoptées.
La deuxième section, aménagée dans la salle des armes souterraine, présente dix panneaux thématiques qui abordent autant d'aspects de la vie et de l'organisation liés aux Murs, notamment les fonctions militaires, l'ouverture et la fermeture des portes de la ville, la vie quotidienne dans les souterrains et les stratégies défensives.
Une station vidéo centrale permet d'assister à la reconstitution des anciennes cérémonies civiques liées au contrôle des accès à la ville, tandis que des panneaux placés à l'extérieur expliquent le fonctionnement des sorties et des tunnels souterrains.
PREMIER COULOIR, LA CHRONOLOGIE
DEUXIÈME COULOIR : DIX ÉTAGES DE MURS
Épisodes historiques et anecdotes de la période de construction des remparts de Lucques et de leur relation avec la ville.
Avec l'arrivée de la sœur de Napoléon, la princesse Elisa, qui gouverna Lucques de 1805 à 1814, la démilitarisation des murs s'accéléra.
Dès le 13 juin 1807, un ordre de sa part autorisait la sortie nocturne de la ville et, pour les mois de mai à septembre, autorisait la « promenade » sur les remparts jusqu'au coup de 11 heures du matin dans la section comprise entre les portes San Pietro et San Donato.
Un propriétaire de café entreprenant de Lucques, huit jours seulement après le décret, a été autorisé à ouvrir le « rempart appelé Cittadella » un café « fourni avec des rafraîchissements" du type qui « ils sont utilisés en France ».
Dans son journal, l'abbé Chelini critique ce « décret souverain » qui permettait « les jeunes des deux sexes… de pouvoir se rafraîchir avec de l’eau glacée et des sorbets de toutes sortes. »
La princesse a également désigné le bastion San Martino pour les 100 moutons mérinos apportés d'Espagne, qui étaient logés dans l'« abri qui abritait auparavant les canons de bronze ». La transformation des remparts fut achevée par l'abaissement du parapet pour offrir une vue sur la campagne, l'installation de bancs et, en 1811, l'ouverture de la nouvelle porte qui porte toujours le nom d'Élisa.



Vers la fin du XIXe siècle, parallèlement au développement du faubourg Sant'Anna, un débat surgit quant à son raccordement à la ville. Après avoir rejeté l'idée d'agrandir la porte San Donato, le conseil municipal décida en 1905 de percer une importante brèche dans les remparts, interrompant ainsi pour la première fois leur continuité.
La prise de connaissance du projet suscita une vive réaction négative. Un comité fut formé et lança un appel aux intellectuels de toute l'Italie. Les premiers à exprimer leur soutien furent les poètes Giosuè Carducci, Giovanni Pascoli et Gabriele D'Annunzio, ainsi que Giacomo Puccini, qui le considéra comme « un véritable affront à nos belles murailles » et envoya ce télégramme : « À la protestation contre l'outrage qui est prévu pour la guirlande verte qui entoure notre Lucques, je joins ma voix pour appeler au respect de ce monument antique. »
Submergé par cette vague de critiques, la brèche fut évitée et le projet fut modifié, prenant la forme que nous voyons encore aujourd'hui de Porta Sant'Anna.


Une fois les remparts découverts, les Lucquois les apprécièrent non seulement comme moyen de défense militaire de la ville, mais surtout comme nouvel espace de vie, les utilisant souvent à des fins que le gouvernement désapprouvait. D'où le recours constant à des lois et règlements qui, comme les « proclamations » de Manzoni, restèrent sans effet.
Pendant des siècles, les pauvres de la ville volaient le bois tombé pendant les saisons froides, coupant même des branches d'arbres la nuit. En été, pour échapper à la chaleur, beaucoup se retiraient dans les remparts de la ville, et les femmes, ignorant les interdictions, tendaient des cordes entre les arbres sur la pente intérieure pour y faire sécher leur linge.
Même les soldats postés pour garder les murs avaient transformé les tours et les bastions en jardins potagers où ils cultivaient des légumes.
À l'extérieur, le long des douves, le lin était trempé, « viciant » l'eau. Dans la zone de la « tagliata », vitale pour la défense de la ville, les contrôles de plus en plus fréquents ordonnés par le gouvernement révélèrent des haies imposantes, des pergolas plantées de vignes, puis des mûriers, des noyers, des figuiers et des peupliers. Sans se laisser intimider par la surveillance des soldats, chevaux, moutons et mules paissaient sur les terrasses herbeuses et le long des douves, tandis que les cochons se vautraient.



En 1569, l'ingénieur Alessandro Resta dessina ce plan qui met en évidence la faiblesse de l'État de Lucques, de petite taille et désormais presque entièrement encerclé par Florence.
Les dirigeants de Lucques n'avaient qu'à observer cette carte pour pressentir la menace qui pesait sur la République. Le territoire de Lucques est représenté en vert, les domaines d'Este en jaune, l'État de Massa en blanc, et les territoires florentins, dont Barga et Pietrasanta, qui assiégeaient Lucques, en rouge.
Dans le cartouche, Alessandro Resta a représenté deux panthères, animaux de l'héraldique lucquoise, tenant un bouclier portant l'inscription « Libertas ». Cette devise, qui apparaît sur les pièces de monnaie, sur les portes des remparts et dans les statuts, exprime un sentiment profondément ancré chez les citoyens, au point qu'ils l'utilisaient pour baptiser leurs enfants.
Le bastion qui faisait face à la frontière avec Florence dans les nouveaux murs s'appelait Libertà, le seul des bastions à ne pas porter le nom d'un saint.

Pour les Lucquois qui vivaient lorsque la construction des nouvelles fortifications débuta en 1544, la vue de cette vaste étendue de terre couverte d'arbres leur procurait non seulement un sentiment de sécurité, mais les convainquait aussi qu'ils en tireraient de nombreux bénéfices. Leurs réactions sont bien résumées par Francesco Bendinelli, qui, en 1546, notait dans sa Chronique : « …« La première plantation fit bientôt une telle impression que tous les gens en furent très satisfaits, en raison de la commodité du plaisir qu’ils prenaient à s’y promener comme s’il s’agissait de leur propre villa ».
Les arbres plantés le long des murs étaient principalement des peupliers blancs. Leur fonction était de compacter le « terrato », ou remblai de terre, l'imposant remblai de terre construit pour bloquer les tirs ennemis. Ils représentaient également une source de revenus pour la République. Ils fournissaient du bois vendu aux enchères publiques ou utilisé pour alimenter les briqueteries, les ponts-levis et les nombreux besoins du chantier de construction des murs.
Intéressé par cet avantage économique, le Gouvernement a établi par loi la protection des peupliers, assortie de sanctions pour ceux qui ne la respectaient pas.

La transformation définitive des remparts en un lieu de délices fut l'œuvre de Marie-Louise de Bourbon, duchesse de Lucques de 1817 à 1824, qui fit appel aux compétences de l'architecte Lorenzo Nottolini, qui conçut également le tracé actuel avec le chemin central réservé aux voitures et deux chemins latéraux pour les piétons.
Marie-Louise avait pour souci constant de préserver le décor des remparts, désormais destinés à accueillir le passage élégant des voitures et des piétons. En 1819, elle interdit le passage des charrettes et des chariots sur les remparts, ainsi que l'introduction de chevaux et autres bêtes de somme dans les bastions.
Les chevaliers n'étaient pas autorisés à franchir les parapets ni les bancs. Sur toute la longueur du « mur », le lancer de fromage, les toupies, les boules et les jeux de balle étaient interdits et n'étaient autorisés qu'à l'intérieur des bastions.
Durant la journée, l’utilisation des douves entourant les murs pour « se baigner ou se laver » était interdite, tandis que l’interdiction de « marcher ou rester nu hors de l’eau » s’appliquait également la nuit.
D’autres interdictions empêchaient de suspendre des vêtements et du linge aux arbres.
Le successeur de Marie-Louise, son fils Carlo Ludovico, poursuivit cette action protectrice et introduisit en août 1835 une interdiction concernant les « poulets, poules ou autres animaux de ce genre » qui erraient sans être dérangés sur les murs-rideaux, les bastions et le talus du Mur.



Au fil des siècles, à la tombée de la nuit, les trois portes – San Pietro, San Donato et Santa Maria – se fermaient. Ceux qui restaient dehors devaient attendre l'aube pour rentrer.
Ce n'est qu'à l'occasion d'événements exceptionnels comme la visite de Charles Quint en 1536 que les portes restaient ouvertes.
La dernière porte construite fut celle de San Donato. Conçue par Muzio Oddi et commencée en 1628, elle fut achevée en 1639. Elle était contrôlée par une structure appelée «
Le « château », point névralgique du système de défense des remparts, revêtait une importance capitale, comme en témoignaient les sanctions infligées en cas de manquement à la surveillance : le châtelain pouvait être exilé s'il abandonnait son poste, et sa vie dépendait de l'autorisation donnée à un étranger d'entrer dans la ville.
Dernière à être construite, la Porta San Donato fut la première à rester ouverte la nuit. Le Conseil général en décida ainsi en 1777, instaurant également l'obligation de payer un péage pour la traversée nocturne. Les médecins, chirurgiens, apothicaires et nourrices en étaient exemptés.


Cette médaille, qui est le symbole du Centre International d'Etude des Cercles Urbains (CISCU) depuis 1967, est une reproduction fidèle de la médaille qui fut frappée en 1627 par le gouvernement de Lucques pour être placée dans les fondations du bastion de Santa Croce où nous nous trouvons actuellement.
Au revers, il commémore l'architecte Muzio Oddi qui a conçu l'ensemble de l'aménagement de cette zone.
La coutume de placer des médailles à l'occasion de la fondation d'édifices importants remonte à l'Antiquité.
Cette pratique faisait partie intégrante de la cérémonie de pose de la première pierre et s'est intensifiée au Moyen Âge lorsque des églises imposantes ont été construites dans les villes, comme la cathédrale de Sienne en 1284.
La même fonction commémorative et propitiatoire perdure encore aujourd'hui. Lorsque la construction du Palais de la Société des Nations à Genève débuta le 7 septembre 1929, un coffret contenant la liste des membres, une copie des actes fondateurs et leurs pièces de monnaie y fut déposé.



Pendant 430 ans, la République de Lucques fut un État indépendant dirigé par le Collège des Anciens, qui prenait toutes les décisions politiques.
Il y avait dix anciens, trois pour chaque tiers, plus un gonfalonier choisi par rotation. Leur mandat durait deux mois, période durant laquelle ils étaient tenus de s'abstenir de toute activité privée et de rester confinés au palais du gouvernement, où ils prenaient également leurs repas et passaient la nuit dans les dix chambres qui leur étaient attribuées.
Le Gonfalonier jouait un rôle important, souligné par sa tenue vestimentaire, distincte de celle des autres Anciens. Ces derniers étaient entièrement vêtus de noir. Le Gonfalonier, quant à lui, portait une robe de satin ou de velours cramoisi, ainsi que des bas de soie, des chaussures et un chapeau. Il portait une veste rouge éclatante, dite « veste des 60 soupes », en hommage au nombre de repas qu'il consommerait durant les deux mois de son mandat. Le Gonfalonier et les autres Anciens devaient chacun se procurer leurs propres robes et perruques.





Après avoir résisté pendant des siècles, les Murs étaient menacés de destruction au XXe siècle. La menace ne venait pas des armées étrangères, mais des automobiles.
Ils servaient de circuit pour les courses de vitesse et les rallyes. Ce fut le cas durant la première moitié du siècle, époque à laquelle posséder une voiture était réservé aux familles aisées.
Les choses ont changé lorsque, à partir de la fin des années 50, encouragé par les petites voitures Fiat, le marché automobile a attiré une population nombreuse. Pour les Mura, l'essor de l'automobile a fait d'eux un centre névralgique pour tous les types de véhicules, des minuscules Fiat 500 aux imposants bus.
Les Remparts et les Tribunes furent alors transformés en un vaste parking. Cette situation s'aggrava d'année en année et persista jusqu'à la seconde moitié des années 1980, lorsque, à la demande de la Surintendance des Monuments, l'administration municipale mit en œuvre les premières mesures pour libérer les Remparts des voitures.
Diverses formes de résistance s'opposèrent à ces mesures, mais ne parvinrent pas à arrêter la direction prise par l'administration municipale, qui sauva l'intégrité des remparts et des bastions et restitua à la ville un immense parc urbain.


LE CANONNIER
Détails concernant l'équipement de la partie défensive active des remparts de Lucques et leur construction.






